Les magiciens

de James Edwin Gunn, éditions Mnémos, 2019, ISBN 978-2-3618-3655-9, 5.99 € en e-book ou ISBN 978-2-3618-3251-3, 7.90 € en version papier.

L’histoire :

Les magiciensCasey est un ancien prof reconverti en détective privé, qui a vu sa petite amie et son associé disparaître avec la caisse. Quand une vieille dame lui demande de trouver le nom d’un homme descendu dans un hôtel, il pense qu’il s’agit d’une affaire facile, d’argent aisément gagné, dont il a désespérément besoin. Mais rapidement, il constate que rien n’est aussi simple, et surtout ce qu’il découvre chamboule totalement son univers. Le voici qui se frotte à la vraie magie, se mêle d’une lutte entre le Bien et le Mal, et il a été embringué dans l’histoire sans le savoir. S’il veut espérer s’en sortir vivant, il faut qu’il apprenne vite, et qu’il se montre malin !

Chronique :

Voici un roman court, un précurseur en matière d’urban fantasy, d’une modernité surprenante pour un texte de 1976. L’auteur évoque déjà les méfaits de la pollution, de l’épuisement de la terre et des ressources, les maladies et les problèmes de la faim, de la pauvreté, récurrents pour ces derniers. Son approche de la magie est également très originale, car dans les deux visions qui s’opposent, il y a celle, traditionnelle, des incantations, bougies, sortilèges et autres, et en face, une « domestication » de cette énergie par les mathématiques et l’esprit scientifique.
Dans cette histoire, le camp des « gentils » manque cruellement de recrues, et Casey fait partie du nombre bien malgré lui. Ils doivent arrêter un homme assoiffé de pouvoir, qui croit aux maléfices et aux démons, et qui risque de transformer le monde en enfer si on ne l’arrête pas. Il a déjà tué bon nombres d’opposants, humains ou magiciens, et n’est pas près de s’arrêter là.
Toute l’affaire se déroule quasiment à huis-clos, dans un hôtel, que le personnage décrit comme une ville avec ses règles propres. Si un certain suspense se dégage, du fait que l’on se demande bien comment les « gentils » vont pouvoir inverser la vapeur, les manifestations magiques font que l’on ne se retrouve pas vraiment enfermés, et je vous laisse découvrir comment 😉
Bien que chahuté par les événements et les découvertes, Casey est un malin, il est déterminé, et très motivé. Le tout est bien construit, les différents éléments s’enchaînent de manière fluide, les rebondissements également, si bien que l’on ne s’ennuie pas et que la tension va crescendo jusqu’au dénouement.
Bref, il s’agit d’un roman qui se lit bien, qui n’a pas vraiment vieilli, et qui se montre divertissant. Pour l’époque, il est original.

Le 26.05.2021