Hexworld #1

Tome 1 : Le briseur de maléfice

de Jordan L. Hawk, éditions MxM Bookmark, 2018, ISBN 978-2-3757-4586-1, 5.99 € e-book.

L’histoire :

Tom Halloran est un patrouilleur de la police régulière de New York. Alors qu’il fait sa ronde dans son quartier, il est obligé d’intervenir chez un prêteur sur gages devenu fou furieux. Rien ne semble expliquer cet accès de violence, mais Tom a déjà vu ça et de mauvais souvenirs refont surface, accompagnés de culpabilité. Afin d’être sûr que cela n’a rien à voir avec son passé, Tom demande à être affecté temporairement à la PSM, la Police Sorcière Métropolitaine, car un autre cas a été signalé, qu’ils ont traité. Il se retrouve ainsi à travailler avec Cicero, familier chat aux préjugés bien ancrés à son encontre…

Chronique :

Grâce à la nouvelle, Le 13e maléfice, j’avais découvert l’univers de cette série, qui m’avait séduite, même si je ne correspond pas à la cible de ce lectorat, puisqu’il s’agit de bit-lit MM. Nous nous trouvons à New York, à l’époque de Théodore Roosevelt, mais dans un monde où la magie fait partie de la vie courante, ce qui donne lieu à des différences notables. Il existe une police sorcière, qui emploie des sorciers et sorcières, accompagnés de leurs familiers, et la magie fait l’objet de commerce, notamment par l’entremise de sorts. Évidemment, plus ils sont puissants, spécifiques, plus ils sont chers, et tous ne peuvent pas en bénéficier. Comme dans notre société, les criminels existent, si bien que lorsque les crimes et délits relèvent de la magie, c’est à la PSM de s’en charger.
Ce que j’ai apprécié dans ce roman, c’est la description de la situation des familiers sans sorcier. Elle est particulièrement précaire, pour ne pas dire dangereuse et injuste, au point qu’ils se retrouvent au bout d’un moment obligés de se lier à un sorcier, parfois uniquement pour ne pas être la cible d’êtres sans scrupules. Il faut savoir que lorsqu’un familier se lie, c’est à vie, et certains n’hésitent pas à leur forcer la main afin d’avoir une manne de pouvoir à disposition.
En suivant Cicero, on découvre une minorité dans la population, qui aspire à plus de justice, d’égalité, non seulement pour les familiers, mais également pour les femmes, les gens de couleur, les pauvres, les travailleurs… Il y a tout un bouillonnement d’idées dans ce regroupement de personnes appelées dans ce cadre des bohémiens, qui rassemble des idéalistes, mais également des artistes, qu’ils soient peintres, poètes, musiciens ou autres…
Tom est à des années-lumière de cette société, ayant toujours connu la précarité, l’incertitude et l’insécurité. Il est honnête, généreux, et prend soin des gens de son quartier où il est apprécié, car il n’est pas corrompu, contrairement à beaucoup de ses collègues. Il s’est créé une nouvelle vie pour oublier un passé funeste, et il lui faut du courage pour revenir creuser une affaire qui pourrait le mettre en lumière, et donc en danger.
L’univers dans lequel évoluent les personnages est intrigant, cohérent, et la magie ne change finalement rien aux inégalités et aux injustices. Le New York qui nous est décrit est proche de la réalité de l’époque, où l’homosexualité était vue comme une dépravation et fustigée, sans aucune tolérance.
Derrière un roman dont la trame est solide, avec une véritable enquête et des rebondissements, de nombreux thèmes sont donc abordés en filigrane, et il serait dommage de le réduire uniquement à la catégorie romance MM. Il s’agit également d’urban fantasy, avec du suspense, des crimes et disparitions à résoudre, dans un New York où les enjeux politiques malmènent comme toujours ceux qui s’efforcent de faire consciencieusement leur travail.
Bref, j’ai apprécié ma lecture, le récit est bien construit, les personnages sont cohérents, tout comme leur évolution, l’énigme à résoudre n’est pas cousue de fil blanc, et je serais curieuse de savoir quels autres développements l’auteur a mis en place par la suite 🙂

Autres titres de la série :

Tome 2 : Le lanceur de maléfice

Il existe une nouvelle incluse dans le tome 1, Le 13e maléfice, qui se situe antérieurement à ce volume d’un point de vue chronologique.

 

Le 12.08.2019