Testament #3

Tome 3 : Humain.e.s, trop humain.e.s

de Jeanne-A. Debats, éditions ActuSF, 2017, ISBN 978-2-36629-858-1, 19 €. Existe en version numérique.

L’histoire :

Alors que l’épidémie de Roméo et Juliette a pris fin pour tourner en divorces féroces, Agnès et ses collègues se retrouvent avec un mystérieux coffre sur les bras, lequel attire bien des convoitises. Le Cénacle de vampires qui en avait la garde est parti en fumée et la succession promet d’être laborieuse. Dans le même temps, la jeune femme voit son improbable intégration officielle dans les rangs des sorcières se produire, l’incluant dans un convent dont elle ne sait que penser. La voici de plus avec un familier, dont les poils n’arrangent pas ses allergies, tandis que Herfauges prend un malin plaisir à s’immiscer dans ses pensées aux moments les plus inattendus…

Chronique :

Troisième tome de la série Testament, j’ai trouvé ce volume particulièrement jubilatoire, au point de le dévorer dans la journée. Si le précédent m’avait déçue, celui-ci m’a vraiment fait plaisir. Le récit est fluide, alternant entre une narration du point de vue d’Agnès sur les événements, et une autre de celui de Navarre revenant sur ses débuts, pour finir par recouper celui de notre personnage principal et le conclure. L’autrice donne dans l’audace scénaristique, dans le questionnement et la remise en cause de supposés piliers de l’humanité, pour finalement mettre cette dernière face à elle-même, dans l’espoir qu’elle s’élève et s’améliore. Vaste entreprise…
Comme dans les tomes précédents, le style est travaillé, agréable à lire, avec pléthore de références diverses et variées, et si l’orthographe inclusive peut déconcerter, elle est plutôt discrète. Si l’usage de parenthèses m’est acquis depuis longtemps, j’avoue avoir plus de mal avec des points que j’associe à une marque de ponctuation forte. Pour autant, je n’irai pas la fustiger car, à l’image de certains personnages, elle invite à une réflexion sur les normes et les genres. Elle met en lumière le formatage inconscient auquel nous sommes soumis depuis l’enfance à travers les usages de la langue, et combien nous n’aimons pas voir notre petit confort, notamment moral, bousculé.
Implicitement, le texte critique de nombreux états de faits, que beaucoup considèrent comme la norme et indéboulonnables…une invitation encore une fois à faire preuve d’exercice critique, à réfléchir, à remettre en cause ce qui est devenu figé, pour aller vers une plus grande ouverture d’esprit et davantage de tolérance. Le fait de placer l’histoire en 2034 permet également d’explorer des possibles intéressants, plausibles, dont au niveau politique, et de manière d’autant plus aisée que la proximité temporelle fait que les protagonistes évoluent dans un monde très ressemblant au nôtre. Il n’est alors pas bien compliqué de se projeter…
Bref, ce troisième tome allie plaisamment divertissement et sujets de réflexion. Il achève cette trilogie en beauté, avec une belle montée en puissance, une fin inattendue par bien des aspects, et un rythme soutenu jusqu’au bout. Une réussite !

Pour lire un extrait du tome, c’est par ici !

Autres tomes de la série :

1. L’Héritière (chronique)
2. Alouettes (chronique)

Dans le même univers :

Métaphysique du vampire (chronique)

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Le 15.01.2018

 

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