Extras #49

Ottila est alcoolique et a décidé d’arrêter. Pour cela, elle met en œuvre différentes stratégies, allant de ses consultations chez la psy, du détournement du Petit livre du bonheur qu’elle a fauché à la bibliothèque et des écrits divers et variés… Il faut dire que le passif familial n’est pas fait pour l’aider, mais elle est déterminée et se bat pour ne pas craquer malgré la tentation et certaines fréquentations. C’est qu’une année entière d’abstinence, c’est long !
Voici un livre que je classerais sans hésiter dans les Feel good books. Nous suivons Ottila, un personnage haut en couleur, souvent limite, mais qui a bon cœur et qui veut changer de vie. Entre retranscriptions de ses séances avec sa psy et ses propres écrits auxquels elle intègre des pages du livre qu’elle a volé, nous découvrons une sorte de journal de bord de son long chemin vers la sobriété. Comme le personnage est fantasque, on ne s’ennuie pas, et on peut dire que l’autrice a fait fort côté embûches, notamment familiales. À croire qu’Ottila les collectionne, ce qui augmente son mérite de vouloir s’en sortir et de reprendre sa vie en main. C’est un livre plein d’énergie, de positivité, et la plupart des personnages sont attachants. De quoi passer un bon moment et se faire du bien en cas de morosité 🙂

Pour découvrir un extrait, c’est par ici !

Le Putain d’énorme livre du bonheur qui va tout déchirer, Anneliese Mackintosh, 2019, ISBN 978-2-8112-2152-2, 5.99 € en e-book et ISBN 978-2-8112-2108-9, 7.90 € en version papier.

Extras #48

Voici un magnifique livre pour explorer l’imaginaire japonais, sa construction, depuis les origines mythologiques jusqu’à ses aspects les plus modernes. Ce beau livre est également très épais, et se montre plutôt complet. La table des matières est riche, la taille du texte le rend agréable à lire, et heureusement car il y a matière à réfléchir et à se cultiver ! Le moins que l’on puisse dire, c’est qu’il y a du niveau ! Les photos et illustrations sont nombreuses également, et les sujets abordés montrent bien l’ambivalence entre tradition, empreinte du passé, et modernité. Sont également abordés le rapport au temps, la place de la jeunesse, la figure du guerrier sous ses différents aspects, de même que les côtés plus cataclysmiques ou résolument tournés vers la science-fiction. De même, les influences extérieures sont abordées, tout comme la vision que nous, Occidentaux, pouvons avoir de l’archipel.
Bref, il s’agit d’un très bel ouvrage, pour les passionnés, qui se savoure doucement afin d’intégrer tranquillement la somme d’informations et de réflexions qu’il peut susciter. Un pur bonheur !

Pour feuilleter quelques pages, c’est par ici (diaporama) !

Japon ! Panorama de l’imaginaire japonais, de Julie Proust Tanguy, éditions Les moutons électriques, 2019, ISBN 978-2-36183-593-4, 35,90 €

Extras #47

Roger Fournier, riche entrepreneur dans le textile, se réveille un beau matin à l’état de fantôme, devant son propre cadavre, avec sa domestique hurlante à la vue de sa dépouille. Le médecin de famille fait procéder à une autopsie, et il s’avère à la grande stupéfaction du fantôme qu’il a été assassiné. Dès lors, il hante la maison et les pas de l’inspecteur chargé d’élucider son meurtre, curieux de savoir qui dans son entourage a pu désirer sa mort à ce point. Il découvre ainsi sa famille sous un nouveau jour, pas toujours heureux…
Avec le point de départ qui nous était donné, je m’attendais à un mélange des genres, entre fantastique et policier, mais il s’avère qu’il s’agit d’un faux fantastique, dans la mesure où il ne change rien à l’enquête et ne lui apporte aucune évolution. Les amateurs de policier seront donc contents, l’autrice nous propose une enquête classique, dans la bourgeoisie des années 50, avec les figures habituelles que l’on retrouve chez Agatha Christie : les membres de la famille, les domestiques, le tout dans une maison bourgeoise et un milieu argenté.
Si j’espérais du fantastique et qu’il n’était pas au rendez-vous, pour autant je n’ai pas été déçue, car j’ai passé un excellent moment dans cette lecture. Cela tient au fait que Roger est notre narrateur, qu’il ne manque pas de verve, et étant mort, il se lâche parfois un peu. Le ton est plaisant, ne manque pas d’humour, et le personnage attachant, notamment parce qu’il découvre tout ce à côté de quoi il est passé de son vivant, tout ce qu’il n’a pas vu chez ses enfants… Il a des regrets, trop tard, et ne peut plus rien y faire. Il ne lui reste que la vérité à découvrir, et observer l’inspecteur Tovelle officier le fascine. On découvre ainsi au fil du roman l’homme qu’il était, comment il s’est construit, et ce que la vie lui a fait endurer, de quelle manière il a changé sous ses coups. C’est un personnage profondément humain, qui redécouvre ceux qui l’entouraient, et qui se remet en cause, même si cela ne change plus grand-chose pour lui. Une lecture agréable et divertissante 🙂

Drôle de mort, Enquêtes d’outre-tombe, tome 1, de Sophie Moulay, éditions du 38, 2018, ISBN 978-2-3745-3558-6, 5.99 € en e-book.

Extras #46

Face à la faillite de leur entreprise, qui a entraîné celui de leur couple, Polly décide de quitter Plymouth et s’installe dans un petit village portuaire de Cornouailles, Mount Polbearne. Alors qu’elle tente de se reconstruire et de reprendre sa vie en main, un petit oiseau et sa passion pour le pain, ainsi que des rencontres incongrues, lui font prendre une direction inattendue. Serait-ce le moyen de se réinventer après les écueils…?
Voici un feel good book que je voulais lire depuis un moment et que j’ai eu l’opportunité d’avoir entre les mains de manière totalement fortuite (merci les boîtes à livres !). J’ai donc sauté dessus et je ne l’ai pas regretté. J’ai passé un excellent moment avec ses personnages, notamment Polly, qui se reconstruit après des années d’épreuve, et qui se reconvertit en laissant parler sa passion pour le pain, la boulangerie. Si le livre ne serait pas loin de vous mettre l’eau à la bouche, on apprécie aussi le récit positif, la capacité de résilience des personnages, et combien le fait qu’ils trouvent leur voie, ou qu’ils soient en accord avec leurs aspirations profondes, contribue au bonheur. Le message fait du bien, les protagonistes sont attachants, très humains, avec leurs failles, leurs forces et leurs faiblesses, et la plupart est loin d’être caricaturale. Derrière des postures de façade, de bravade presque, on perçoit leurs doutes, leurs blessures, et ce sont parfois les regards croisés qui nous éclairent quand Polly ne voit rien.
Bref, il s’agit d’un roman résolument positif, fait pour faire sourire et donner le moral, sans jugement et très humain. 🙂

La Petite Boulangerie du bout du monde, de Jenny Colgan, éditions Pocket, 2016, ISBN 978-2-2662-6365-8, 8.10 €

Extras #45

thriller épidémie maladie secte mégalomanie ingénieur archéologie meurtres arméeDilara Keller apprend des nouvelles alarmantes sur la disparition de son père, archéologue passionné par la quête de l’arche de Noé. Rapidement, il apparaît que l’on essaie de l’éliminer et les dernières paroles d’un mourant l’ont orientée vers Tyler Locke, un ingénieur expert dans de nombreux domaines, et notamment dans celui des crashs aéronautiques. Or, sa société est missionnée sur le tout dernier qui défraie la chronique. Alors que Dilara le rejoint sur la plateforme pétrolière sur laquelle il est en train d’intervenir, les incidents se multiplient, le poussant à enquêter et à mettre à contribution toutes les ressources à sa disposition. Leur ennemi est résolu à les éliminer, car les enjeux sont colossaux et pourraient bien signer la fin de l’humanité…
Voici un thriller qui cache bien son jeu, et auquel la quatrième de couverture ne rend pas justice, donnant l’impression qu’il s’agit du même type de fonctionnement que pour À la poursuite de l’Atlantide. Or, ce roman-ci est bien plus solide et imaginatif, même si j’ai apprécié l’autre. Les personnages ne sont pas des surhommes, ils sont éminemment humains, avec leurs failles, leurs doutes, leurs sentiments et leurs émotions. L’intelligence et l’ingéniosité sont davantage mis en avant plutôt que les gros bras, et si l’action ne manque pas, elle tient la route sans passer par des situations dont aucun héros ne devrait se tirer. L’auteur mêle savamment la réalité et l’imagination, de telle manière qu’il est difficile de démêler le vrai du faux car tout est cohérent et plausible. On est finalement assez loin d’Indiana Jones, la quête archéologique n’est pas l’enjeu principal, toutefois on ne s’en plaint pas tant le récit est prenant. Un excellent thriller, solide, bien étayé, avec des personnages attachants 🙂

L’Arche, Tyler Locke, tome 1, éditions Bragelonne, 2016, ISBN 978-2-8112-1686-3, 8.90 €